Le secteur du BTP impose des contraintes comptables, fiscales et sociales radicalement différentes du régime général. L'autoliquidation de la TVA en sous-traitance, mécanisme obligatoire depuis 2014, exige une vigilance permanente : le donneur d'ordre collecte et déduit la TVA, tandis que le sous-traitant facture hors taxes et déclare ces opérations sur la ligne spécifique de sa déclaration CA3. Toute erreur ou omission expose l'entreprise à des redressements fiscaux lourds. Sur les chantiers landais – qu'il s'agisse de rénovation de villas sur la côte à Hossegor ou Capbreton, de charpentes en pin maritime ou de sous-traitance sur les grands projets régionaux – la chaîne de sous-traitance est complexe et le mécanisme doit être maîtrisé par l'expert-comptable pour sécuriser chaque facturation.
La retenue de garantie de 5 %, prévue par le Code civil, constitue un second enjeu de trésorerie majeur : sur un marché public ou privé, le maître d'ouvrage peut retenir cette part du prix jusqu'à réception définitive. L'expert-comptable doit anticiper cet impact sur le besoin en fonds de roulement et accompagner l'entreprise dans les démarches de substitution par caution bancaire.
Pour 2026, le taux de cotisation OPPBTP reste fixé à 0,11 % de la masse salariale brute déclarée pour le calcul de la cotisation congés payés, majorée de 13,14 % . Toutes les entreprises relevant du secteur du bâtiment et des travaux publics sont concernées par la cotisation OPPBTP, dès lors qu'elles emploient du personnel, incluant artisans, PME et grandes entreprises . La cotisation OPPBTP doit être déclarée et versée chaque mois via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), collectée par la CIBTP puis reversée à l'OPPBTP . L'expert-comptable assure le paramétrage correct de cette cotisation dans la paie et évite les erreurs d'assiette.
La gestion de la paie des ouvriers BTP est un domaine technique à part entière : indemnités de petits déplacements (paniers, trajets), primes de chantier, gestion des congés payés via les caisses de congés (CIBTP pour le bâtiment, PRO BTP pour certains régimes), application des grilles de salaires des conventions collectives régionales du bâtiment (Aquitaine), calcul des heures supplémentaires structurelles. Les situations de travaux à l'avancement, courantes sur les chantiers de longue durée, exigent une comptabilisation rigoureuse des produits et des charges à rattacher pour refléter l'état réel de la rentabilité.
La garantie décennale, obligation légale issue de la loi Spinetta de 1978, engage la responsabilité de tout entrepreneur sur les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, pendant dix ans après réception. L'expert-comptable vérifie que l'attestation d'assurance décennale est à jour avant chaque ouverture de chantier, surveille les échéances de renouvellement et intègre le coût des primes annuelles (parfois élevées selon l'historique sinistres) dans les budgets prévisionnels. L'absence de garantie décennale expose l'artisan à des sanctions civiles et pénales, et rend tout chantier juridiquement impossible.
Enfin, les dispositifs de recherche et développement (crédit d'impôt recherche, crédit d'impôt innovation) peuvent concerner certaines entreprises BTP innovantes, notamment celles qui expérimentent de nouvelles techniques de construction bois en pin maritime des Landes, de rénovation énergétique ou de préfabrication. L'expert-comptable identifie les dépenses éligibles, constitue les dossiers de justification technique et optimise le financement de l'innovation.